Version « potière » de la chanson de Daniel Balavoine, le Chanteur
« J’adore avoir les mains dans la terre »
C’est ce que j’entends régulièrement, surtout en ce moment après ces périodes d’enfermement.
Et la suite est souvent : je voudrais me reconvertir et être céramiste.
D’accord,
Avoir le bonheur de façonner l’argile, c’est la cerise sur gâteau.
Vous serez la plupart du temps en train de nettoyer votre atelier, de nettoyer vos outils, de recycler la terre, de nettoyer vos pièces, d’enfourner, d’émailler, de défourner, de nettoyer encore et toujours plus…
Vous serez aussi et surtout comptable, community manager, chef de projet, exécutant, responsable de site internet, rédacteur, photographe, communiquant, acheteur, vendeur, démarcheur, marketeur, installateur de stand d’expo, magasinier, déménageur, menuisier, peintre, etc…
On aimerait bien sûr pouvoir déléguer tout ça à des personnes compétentes et dont c’est le métier… si le budget suit.
Oups
Ça casse un peu le rêve et ça remet bien les pieds sur terre.
Il vaut mieux savoir.
Avant de vous lancer il va falloir réfléchir un tantinet à votre projet.
Sans faire de tableaux réconfortants pour votre banquier en vous projetant à 20 ans et exposer à Saint Sulpice, il va bien falloir quand même répondre à ces questions :
– Trouver un lieu de formation si vous voulez vous initier à toutes les facettes techniques du métier
– Où sera votre atelier ? Aurez-vous une boutique ? Donnerez-vous des cours ?
– Quel espace disponible ? Faire un plan avec chaque élément indispensable et à l’échelle aide énormément – et n’habitant pas une région « abordable » moi, je joue aussi énormément au Tétris dans l’atelier.
– Faire un budget pour TOUT le matériel nécessaire et sans compromis (punaise, pourquoi j’ai pas prévu une croûteuse* pour toutes mes assiettes en commande ?!) et comprenant l’installation électrique/gaz de votre four par un professionnel pour éviter de « foutre le feu à votre atelier » (c’est ce que m’a dit l’électricien en voyant la petitesse du câble pour le four).
– De quoi vivrez-vous pendant le temps de la formation ? Et ensuite ? Le succès ne viendra pas forcément immédiatement, avez-vous un plan B pour tenir la distance ?
La toile aide à répondre à beaucoup de questions et cela vous permettra de tester deux qualités essentielles : autonomie et persévérance.
Et puis,
Potier, c’est un métier de silence, de recherche, de solitude, d’essais, d’échecs, d’observations, de pleins, de vides, de découverte de soi.
Si après m’avoir lue – et avoir monter votre dossier – vous êtes encore motivé, foncez !
Sinon, pour avoir les mains dans la terre, il y a aussi le jardinage
(je vénère les carottes et les courgettes de mon jardin qui remplissent mes assiettes)
A bientôt à l’atelier-boutique,
Anne
‘* C’est un laminoir spécial « terre »
PSSSS : Pour info, je ne prends pas de stagiaire et je ne monte pas votre dossier d’installation, d’autres le font très bien.
Lecture utile et ça n’est sûrement pas la seule
Matériel fait en France
Le blog de l’atelier, d’autres articles
